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Parentalité Bienveillante

La violence éducative

Les violences éducatives regroupent l’ensemble des violences faites aux enfants dans le but d’éduquer, faire obéir ou encore punir l’enfant d’un comportement jugé inapproprié. De nombreuses personnes ont subi ces formes de violence dans leur enfance, et les reproduisent à leur tour sur leurs propres enfants, banalisant ainsi ce type de pratiques et minimisant leur impact sur le développement de l’enfant et les séquelles qu’elles engendrent à l’âge adulte, sans pour autant penser faire preuve de maltraitance.

Nous allons détailler ici ce qu’est une VEO (violence éducative ordinaire) ainsi que ses conséquences. Nous allons également voir les moyens mis en œuvre pour lutter contre ces violences ordinaires, et les solutions qui existent pour mettre en place une parentalité positive: un système éducatif respectueux et bienveillant.

Les VEO

Nous avons tous à l’esprit ces cas extrêmes de maltraitances révélées par l’actualité, ayant nécessité l’intervention des services de la protection de l’enfance. La situation de ses enfants livrés à des parents agresseurs nous indigne évidemment au plus haut point. Pourtant au sein de nombreux foyers, les enfants subissent diverses formes de violence.

Violence physique

Quand on pense violences éducatives, ce qui nous vient immédiatement en tête sont les châtiments corporels : donner une fessée, gifler, mais aussi tirer les oreilles, bousculer etc… Même une petite tape sur la main est une forme de violence ordinaire.

Violence psychologique

Les mots blessent parfois autant que les coups, pourtant les violences psychologiques ne sont pas assez considérées comme des formes de maltraitances tant il est difficile de les identifier et de les mesurer dans le huis clos familial. Il peut s’agir de cris, insultes, humiliations, menaces, chantage affectif, isolement, de punition dégradante etc …

Négligence et privation

Les privations de nourriture, de soins, d’affection, de communication font également partie des formes de violence difficilement décelables, et qui pourtant ont des conséquences néfastes sur les enfants qui en sont victimes.

L’impact des VEO

« Une bonne fessée ou une gifle n’ont jamais fait de mal à personne » Cette phrase toute faite, tournant en dérision les sévices corporels et autres actes de violence infligés aux enfants, illustre parfaitement la banalisation de ces pratiques au sein de notre société.

En revanche, les violences envers les adultes ne sauraient bénéficier de la même tolérance.

« Pourquoi appelle-t-on agression le fait de frapper un adulte, cruauté le fait de frapper un animal, mais éducation de fait de frapper un enfant ? » Catherine Gueguen

En effet, alors que le caractère traumatique des violences faites aux femmes est incontestablement établi, les méfaits de la violence éducative sont encore méconnus.

Cependant, l’avancée des recherches en neurosciences a permis de mieux comprendre le développement cérébral au cours de l’enfance, et a mis en lumière les méfaits des violences envers les  enfants, affectant leur santé physique et mentale.

Stress

Le cerveau de l’enfant est plus sensible au stress que celui de l’adulte. Sans rentrer dans les détails trop techniques du fonctionnement du cerveau humain, les récentes études ont mis en évidence les impacts négatifs du stress sur la construction du cerveau de l’enfant, et notamment sur les neurones.

Troubles psychologiques et comportementaux

Toujours d’après ces récentes études, les violences corporelles et psychologiques augmenteraient le risque de développer de nombreuses pathologies psychiatriques et des troubles du comportement : dépression, agressivité, conduites addictives, troubles dissociatifs etc…

De plus, la victime de violence aurait un risque accru de devenir un enfant violent,  auteur ou victime de harcèlement. Les risques de violence à l’âge adulte seraient également plus élevé: violences conjugales, agressions sexuelles etc …

Troubles de l’apprentissage

La zone cérébrale responsable du fonctionnement de la mémoire et des apprentissages (compétences, habitudes, gestuelle…) serait plus réduite chez l’enfant subissant une violence quotidienne.  

Les fonctions cognitives sont alors impactées de manière négative : retard de langage dans la petite-enfance, difficultés de concentration et de mémorisation etc…

Dévalorisation

Les mots qui blessent, les critiques permanentes ou encore les négligences impactent directement l’estime de l’enfant victime de violence.

Or, la perte d’estime de soi a souvent des conséquences néfastes dans les relations sociales et professionnelles.

La lutte contre les VEO

Les causes de la violence envers les enfants sont multiples : manque de solution éducative, reproduction de leur propre vécu, les parents cèdent aux punitions corporelles et aux violences morales, voyant en elles des moyens ordinaires d’asseoir leur domination.

Pourtant, des solutions éducatives plus respectueuses de l’enfant et favorisant son épanouissement existent. En parallèle de la prévention, des actions gouvernementales sont menées afin de tenter d’éradiquer les violences ordinaires.

L’interdiction des violences faites aux enfants

A l’instar de ses voisins européens (qui avaient pris des mesures plusieurs années auparavant), le gouvernement Français s’est à son tour engagé dans la lutte contre les violences faites aux enfants, en adoptant en Juillet 2019 une proposition de loi visant à interdire toute forme de violences éducatives ordinaires. Cette interdiction est désormais inscrite dans le code civil. Il ne s’agit donc pas simplement d’interdire la fessée, mais bien de lutter contre toute forme de violence.

« Les enfants ont le droit à une éducation sans violence. Aucun des titulaires de l’autorité parentale n’a le droit d’user de violence physique, d’infliger des punitions corporelles ou châtiments corporels, des souffrances morales, ou toute autre forme d’humiliation envers son enfant », précise l’alinéa 3 de l’article 371-1 du code civil.

Qu’elle soit physique ou verbale, la violence faite aux enfants est désormais interdite par la loi, et fait l’objet de sanctions pénales.

 La prévention

Outre les actions gouvernementales, il existe des organismes, comme la fondation pour l’enfance, qui mettent en place de nombreuses actions de sensibilisation contre les VEO en améliorant notamment la connaissance des parents en matière d’éducation.

L’éducation positive

La répression ne saurait néanmoins suffire à combattre efficacement les VEO. Il est indispensable de revoir en profondeur notre système éducatif, au profit d’une éducation non violente, aussi appelé parentalité bienveillante.

Dans cette méthode éducative, il s’agit de bannir toute forme de violence, en instaurant une communication non violente et en utilisant des clés respectueuses de l’intégrité physique et morale de l’enfant. Il n’est alors pas question de manipulation pour faire obéir l’enfant, mais bien de mettre en place un système éducatif visant à susciter la coopération de l’enfant et ainsi à maintenir une harmonie familiale en instaurant confiance et écoute.

« L’éducation est une arme de paix » Maria Montessori

Les parents disposent de nombreux outils pour comprendre et appliquer l’éducation éducation positive :

·          Les formations : se former à la parentalité positive en ligne ou encore en présentiel peut être un excellent moyen d’acquérir des compétences et les mettre en pratique

·         Les conférences : de plus en plus de spécialistes de l’enfance (psychologues, pédiatres, pédopsychiatres) donnent des conférences sur le sujet. Certaines sont d’ailleurs disponibles sur Youtube, ou TEdx par exemple.

·         Les livres sur la parentalité : vous trouverez d’ailleurs une sélection de livres indispensables pour vous aider dans votre cheminement dans cet article.

Pour conclure, il ne s’agit pas dans cet article de culpabiliser les parents, mais bien d’avancer vers une meilleure compréhension de l’enfant, et de cheminer vers une autre façon d’éduquer pour éradiquer la violence de nos sociétés.

« La violence n’est pas innée chez l’homme. Elle s’acquiert par l’éducation et la pratique sociale.» Françoise Héritier.

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