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Formation

Une vie dédiée à l’enfant

Impossible de parler de la méthode Montessori sans en mentionner sa fondatrice : Maria Montessori.

L’une des premières femmes à devenir médecin en Italie, elle a dédié sa vie à l’amélioration de la condition de l’enfant à travers l’éducation, et a diffusé sa pédagogie positive aux quatre coins du monde.

Découvrons ensemble le parcours de cette femme inspirante, avant-gardiste et profondément humaine qui a révolutionné le système éducatif.

Sa Biographie

C’est le 31 Août 1870 que Maria Montessori voit le jour à Chiaravalle, en Italie. Elle grandit dans une famille de la bourgeoisie italienne, et reçoit une éducation catholique stricte, notamment de la part de son père, qui ne la soutiendra pas dans son désir de devenir médecin. 

Passionnée de biologie, elle intègre une école technique pour garçon, puis rejoint les bancs de l’université des sciences naturelles en 1890. Déterminée à devenir médecin, elle parvient à s’inscrire à la faculté de médecine en 1892, et en sort diplômée en 1896, devenant ainsi la première femme médecin d’Italie.

Ses débuts en psychiatrie

Au cours de ses études, elle réalise un stage, de 1894 à 1896, au sein de la clinique psychiatrique de Rome, où elle est chargée de traiter les enfants déficients mentaux. Elle est alors frappée par le sort de ses enfants, mélangés avec des adultes,  abandonnés à leur sort dans des salles vides. Ses premières actions seront de séparer les enfants des adultes, et de leur apporter des jouets.

En 1898, lors de Congrès Pédagogique de Turin, elle suscite l’intérêt du ministre de l’éducation nationale de l’époque, qui lui propose de donner une série de conférences à Rome.

Durant ce congrès elle déclare : « Les enfants déficients ne sont pas des hors la loi, ils ont des droits. Ils ont droit à tous les bienfaits de l’instruction. Nous devons permettre à ces malheureux de se réintégrer dans la société, de conquérir leur place et leur indépendance dans un monde civilisé retrouvant ainsileur dignité d’être Humain.»

De 1899 à 1901, elle se voit confiée la direction de l’école orthophrénique de Rome. Elle s’appuie sur les travaux de Jean Itard et Edouard Séguin, médecins français dont les études portent sur les personnes en situation de handicaps, dont elle va  calligraphier les ouvrages pour mieux s’en imprégner. Elle élabore ensuite un matériel sensoriel (lettres rugueuses, barres rouges etc …)  destiné à l’apprentissage des enfants souffrant de troubles cognitifs, sensoriels ou mentaux. Elle devient également formatrice en pédagogie.

De 1904 à 1910 elle occupe le poste de professeur d’anthropologie à l’université royale de Rome.

La naissance de la pédagogie Montessori

Mettant tout en œuvre pour éduquer ces enfants déficients mentaux, en les observant, et  en expérimentant son matériel d’apprentissage, Maria Montessori obtient des résultats au-delà de ses espérances. En effet, ces enfants jugés faibles d’esprit apprendront pourtant à lire, écrire, et passeront même les examens nationaux avec succès grâce à son approche éducative.

Encouragée par ces résultats, Maria Montessori décide d’éprouver sa pédagogie auprès d’enfants dits normaux, avec pour objectif d’aider chaque enfant à exprimer son plein potentiel intellectuel.

C’est ainsi qu’en 1907, elle ouvre la première maison d’enfants, la Casa dei Bambini, à San Lorenzo, un quartier défavorisé de Rome. Cette maison devient un laboratoire expérimental de recherche pédagogique, où elle accueille les enfants du quartier âgés de 3 à 6 ans durant la journée. Elle y expérimente sa nouvelle méthode d’apprentissage, et notamment son matériel pédagogique.

Cette expérience pose ainsi les fondements d’une éducation nouvelle, basée sur le développement de l’autonomie de l’enfant, le respect de son propre rythme, l’autodiscipline et le libre choix.

Un rayonnement mondial

En 1909, elle publie son ouvrage: La pédagogie scientifique, qui sera traduit dans de nombreuses langues. Elle y regroupe tous ses travaux et ses découvertes faites chez l’enfant de 3 à 6 ans.

Les 2 guerres mondiales successives la forçant à fuir l’Italie, Maria Montessori voyage et vit dans différents pays : aux Etats-Unis, en Inde, en Espagne, aux Pays-Bas etc…. Elle y est bien souvent invitée par les gouvernements à développer sa nouvelle pédagogie en ouvrant des écoles, en donnant des conférences et en formant les futurs pédagogues.

Partout où elle voyage, elle continue à observer les enfants et poursuit ainsi ses découvertes. Elle écrit de nombreux ouvrages apportant un regard différent sur l’enfant, et sur la pédagogie.

En 1929, elle fonde l’AMI : l’Association Montessori Internationale, qui a pour but de préserver, propager et promouvoir les principes de sa nouvelle pédagogie alternative.

En 1937, elle propose la fondation du parti social de l’enfant, convaincue que l’éducation peut devenir un facteur de paix.

Entre 1939 et 1946, Maria Montessori vit et travaille en Inde, où elle forme les enseignants à la pédagogie Montessori. C’est à cette période qu’elle complète ses travaux en s’intéressant à la période de l’enfance de 0 à 3 ans.

Léon Blum lui décerne la légion d’honneur en 1949.

Maria Montessori s’éteint en 1952 aux Pays-Bas, à l’âge de 81 ans.

Un mot sur Mario Montessori

En 1898, Maria Montessori donne naissance à son unique fils : Mario, fruit d’une relation hors mariage avec Giuseppe Montessano. Sa grossesse est tenue secrète, et Maria Montessori place son fils chez une nourrice à sa naissance, lui rendant visite dès qu’elle le peut.

A la mort de sa mère en 1910, elle récupère son fils alors âgé de 12 ans. Dès lors, ils ne se quitteront plus, Mario accompagnant sa mère dans tous ses déplacements. Il jouera également un grand rôle dans la diffusion de sa méthode éducative à travers le monde, et ce, bien après la mort de Maria.

Un regard nouveau sur l’enfant

Les récentes découvertes en neurosciences confirment ce que Maria Montessori affirmait en son temps sur le développement et le fonctionnement de l’enfant.

Les découvertes de Maria Montessori

Les travaux de Maria Montessori étaient avant tout basés sur l’observation des enfants. Au cours de ces observations, elle fit de grandes découvertes:

·         Le besoin de manipulation : elle remarqua que les enfants avaient un besoin de manipuler, d’utiliser leurs mains pour développer leur intelligence.

·        Le phénomène de l’attention et de la concentration chez l’enfant dès 3 ans : elle écrira à ce sujet: « Le premier chemin que l’enfant doit trouver est celui de la concentration, et la conséquence de la concentration est le développement du sens social. » Extrait de son livre  l’Esprit Absorbant.

·         Le phénomène de répétition : lorsqu’elle découvrit ce phénomène, elle en conclut que la répétition était un processus naturel permettant d’intégrer un apprentissage.

·         Esprit absorbant et périodes sensibles : Les découvertes faites par des biologistes concernant les périodes sensibles chez les animaux poussèrent Maria Montessori à élargir ces découvertes aux enfants.

Elle constata alors que l’enfant est doté d’un esprit absorbant, faculté spécifique à l’enfant de 0 à 6 ans qui lui permet d’intérioriser son environnement et de construire sa personnalité avec ce que lui offre ce milieu. Cet esprit absorbant s’exprime au moyen de périodes sensibles, grand concept de cette méthode pédagogique. Il s’agit  de périodes passagères et limitées à l’acquisition d’un caractère déterminé. Une fois le caractère développé, la sensibilité cesse.

Toutes ces découvertes ont amené Maria Montessori à en conclure que l’enfant possède en lui tout le potentiel pour développer son intellect, à condition de lui offrir un environnement préparé répondant à ses besoins.

Une révolution pédagogique

Maria Montessori considérait l’enfant en tant qu’individu à part entière, avec des besoins spécifiques.

Sa vision de l’enfant était celle d’un être digne d’intérêt, voyait en lui l’avenir de la société.

« Le travail de l’enfant est de créer l’homme qu’il sera » Maria Montessori

Elle révolutionna l’école traditionnelle, plaçant alors l’enfant au centre de son propre apprentissage, plutôt que l’enseignante.

Selon Maria Montessori, Le rôle de l’éducateur est d’accompagner le développement naturel de l’enfant en se basant sur son observation et non sur le jugement. Pour cela, celui-ci s’appuie sur le matériel concret, disposé sur des étagères dont les enfants se servent librement.

 « Aide moi à faire seul. » Maria Montessori

Elle accordait une attention toute particulière à l’éducation cours de la petite-enfance, en déclarant notamment : « De 0 à 6 ans se forment non seulement l’intelligence mais aussi l’ensemble des facultés psychiques. » ainsi que : « l’éducation des jeunes enfants est essentielle pour l’amélioration de la société. »

Bibliographie

Maria Montessori a rédigé un grand nombre d’ouvrages. Parmi les plus célèbres, on retrouve:

·         L’enfant

·         L’esprit absorbant de l’enfant

·         L’enfant dans la famille

·         Le manuel pratique de la méthode montessori

·         Education pour un monde nouveau

·         De l’enfant à l’adolescent

Il en existe bien d’autres, dont vous pouvez retrouver la liste sur le site de l’AMF (association montessori de France).

Bien que beaucoup de choses aient évolué depuis son époque, de nombreuses écoles montessori ont vu le jour, perpétuant ainsi l’œuvre de Maria Montessori, dans le respect de des grands principes de sa méthode. 

Qu’elle soit appliquée dans une école privée (élémentaire, maternelle, ou crèche) ou bien à la maison, Cette pédagogie active et bienveillante a pour but de répondre aux besoins de l’enfant, dans le respect de son individualité, de son rythme et de lui donner  la liberté nécessaire pour développer sa curiosité, s’épanouir, et grandir en développant sa confiance en lui.

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